TÉMOIGNAGES : des femmes de la préfecture de Police aux parcours exceptionnels

A l’occasion de la journée de la femme, l’association Espoir18 a organisé un évènement à la Mairie du 18e arrondissement, « femmes exceptionnelles ». Cette association, très engagée dans les 18e et 19e arrondissements, est dédiée à la socialisation et à l’insertion des jeunes de 6 à 25 ans par le biais de projets visant à l’amélioration du dialogue entre les jeunes et les forces de l’ordre.

Ce 8 mars, Espoir18 a permis à des femmes aux profils très divers de témoigner de leurs parcours professionnels : des responsables associatives, des élus, des femmes policiers de la préfecture de Police, des bénévoles, des femmes chefs d’entreprises, des artistes… Ces magnifiques témoignages de femmes aux parcours exceptionnels étaient organisés sous la forme de tables rondes ouvertes au public.

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Le commissaire divisionnaire, Bénédicte Margenet-Baudry, chef du commissariat central du 19e arrondissement, a réuni de nombreuses femmes policiers afin de présenter leur métier et leurs parcours professionnels variés.
Le principal objectif de ces rencontres était de permettre aux jeunes, et plus particulièrement aux jeunes filles, de croire en leur potentiel et de se projeter dans ces parcours de vie.

Ces femmes aux profils très différents sont fières de représenter la police nationale et ont souhaité témoigner. Elles n’ont pas hésité à prendre la parole auprès des jeunes présents dans les différentes salles de la mairie afin de leur expliquer leur métier et leurs cursus.
Emmanuelle, major à l’échelon exceptionnel à la brigade locale de protection de la famille ; Séverine, capitaine au service de l’accueil et de l’investigation de proximité ; Elodie, agent administratif ; Patricia, Paméla et Marie, gardiens de la paix et Manuela, adjoint de sécurité.

Le parcours de Manuela, adjoint de sécurité

Manuela, 21 ans, adjoint de Sécurité (ADS) depuis un an a raconté son parcours et sa décision de rentrer dans la police. Après l’obtention de son baccalauréat économique et sociale, elle débute des études dans le domaine du commerce international. Au bout de deux mois, Manuela comprend que cela ne lui correspond pas et décide de prendre une année sabbatique pendant laquelle elle prend le temps de réfléchir à son orientation tout en passant son permis de conduire et en partant 5 mois en Espagne en tant que jeune fille au pair. C’est dans ce cadre qu’elle décide de rentrer dans la police tout comme son père, un modèle dans sa vie.

« J’ai décidé de devenir ADS pour découvrir le métier de policier. »

Placé sous l’autorité du ministre de l’Intérieur, l’adjoint de sécurité est un contractuel de droit public. Il exerce ses fonctions à temps plein pour une durée de trois ans, renouvelable une fois. Après trois mois d’école, Manuela est affectée au service « police-secours » afin d’être au plus près du terrain, « assurer la sécurité de la population avant tout » notamment dans le cadre des différends familiaux ou de la lutte contre la délinquance. La police-secours est la meilleure école pour apprendre le métier de base de policier.
« Je fais un métier qui me plait, la femme a sa place dans la police – je représente mon métier dans la police et la place de la femme dans la police. »

Le témoignage de Mme Margenet-Baudry, commissaire divisionnaire du 19e arr.

Bénédicte Margenet-Baudry, commissaire divisionnaire de Police, a également retenu toute l’attention du public. Actuellement, elle dirige le commissariat du 19ème arrondissement regroupant 450 policiers dont elle a la responsabilité 24h sur 24, sept jours sur sept. Suite à des études à Science Po, elle décide de passer le concours de Commissaire de Police en candidat externe malgré les craintes de sa mère. « Le métier de policier, je l’avais dans la tête depuis mes 18 ans après un forum des métiers. » Après deux ans à l’Ecole Nationale Supérieure de la Police, pendant lesquels elle suit une formation en alternance (cours et stages pratiques), elle choisit un poste en fonction de son classement en province à Beauvais.
Selon Bénédicte Margenet-Baudry, la police est aussi un métier féminin. Les femmes ont leur place dans la police, institution au sein de laquelle il y a une grande diversité de métiers. Les femmes présentes lors de cet événement ont pu le démontrer : le terrain, la plainte, l’administratif, les statistiques, l’encadrement, les postes à responsabilités… les domaines dans lesquels les participantes à cette journée se sont spécialisées.

« Je n’ai pas une vision d’opposition avec les hommes, bien au contraire. Dans la police, il y a une certaine solidarité, que nous soyons un homme ou une femme. C’est un métier profondément concret, nous rentrons dans l’intimité des gens. »

Parmi les questions du public, « Qu’est-ce que les femmes apportent à la police ? »
Pour Manuela, la présence des femmes est importante, elles apportent une vision différente par exemple, lors d’un différend conjugal. La victime se confie plus facilement à une femme.
« On a des capacités différentes qu’on peut mettre au service de la population. »
Le commissaire Margenet-Baudry a une vision plus égalitaire : être un bon policier ne dépend pas du sexe mais de la personnalité, de la manière d’aborder les difficultés. Les femmes sont dans la police, c’est comme ça, elles sont dans la population donc dans la police. Cette question n’a pas lieu d’être. Selon elle, pour être policier, il faut avant tout être bien dans sa tête « en tant que chef de service, j’accorde une grande importance à l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle. »

Pour finir, Bénédicte Margenet-Baudry a tenu à remercier l’association Espoir18 pour avoir organisé cet événement. Elle a rappelé que « le choix d’être policier est un choix très engageant et qu’une jeune femme aujourd’hui, en optant pour cette voie, fait preuve de courage. Les femmes policières présentes ici ce soir montrent, en outre, une autre image de la police, une image autre que celle véhiculée par les médias, une image de diversité, une image de proximité et une image d’ouverture ».
Ces beaux témoignages sont une source d’inspiration pour les jeunes de l’association Espoir18 présents ce 8 mars à la mairie du 18e arrondissement.

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