#RétroPP : une femme de la préfecture de Police, directrice et résistante

Recevant chaque année plusieurs milliers de consultants, le service des archives de la préfecture de Police met à leur disposition près de 4500 références (ouvrages, registres, microfilms, etc.).
Avec sa rubrique « Dans le rétro », Préf Police le blog se propose d’extraire quelques-unes des richesses de ce fonds documentaire et de vous faire découvrir régulièrement une archive rare, empreinte d’actualité.

Cette semaine, une femme de la préfecture de Police est à l’honneur : zoom sur Jeanne Dupuydauby, directrice et résistante.

Menant la majorité de sa carrière à la préfecture de Police qu’elle intègre à l’âge de 28 ans, elle y entre comme rédacteur, jusqu’à devenir sous-directeur en 1950, avant de prendre sa retraite 3 ans plus tard, nommée directeur honoraire. Elle sera décorée de la Légion d’honneur pour ces actions de résistance.

Un destin unique que nous souhaitions vous faire découvrir en détail !

De brillantes études et une entrée à la préfecture de Police en 1921

Née en 1893 à Poitiers, Jeanne Litzelmann, après son baccalauréat obtenu en 1910-1911, poursuit des études brillantes (licence ès-lettres histoire en 1914, diplôme d’études supérieures histoires en 1915). Elle enchaine ensuite avec un 1er baccalauréat de droit en 1918. Après une première expérience professionnelle comme professeur d’histoire à Tours puis à Limoges (1918-1919), elle est secrétaire au consulat de France à New-York (1919-1920), puis secrétaire de la Société d’équipement des voies ferrées à Paris (1920). Elle entre à la préfecture de Police comme rédacteur au 1er bureau de la division du Cabinet en 1921 et épouse un an plus tard Edmond Dupuydauby, rédacteur-traducteur au ministère des Affaires étrangères.

 

Sa valeur professionnelle est reconnue et elle gravit rapidement les échelons : sous-chef de bureau en 1929 puis chef de bureau, toujours au Cabinet, en 1937.

Décorée de la Légion d’honneur pour ses actions de résistance

Pendant l’Occupation, elle milite au sein du comité de Résistance ‘France d’abord’ puis au comité ‘Police et Patrie’.
Son action est variée : elle facilite les absences des agents de son bureau ayant besoin d’être à l’extérieur pour leurs activités de Résistance ; elle procure des papiers à des familles juives désirant échapper aux agents de Vichy ou de la Gestapo ; elle rassemble des informations sur l’activité des groupements pro-nazis de la capitale.

 

Ces actions de résistance lui valent d’être décorée de la médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 avec barrette Libération et de la Légion d’honneur.

Nommée directeur honoraire

Affectée de fonctions de sous-directeur du personnel à compter du 20 septembre 1944, elle en obtient le titre officiel par arrêté de mai 1945. Elle poursuit ensuite sa brillante carrière, devenant notamment sous-directeur à la Direction de la police générale en 1950.
Prenant sa retraite en 1953, elle est nommée directeur honoraire.

Toujours très bien notée par ses responsables, Madame Dupuydauby était un agent dont la valeur remarquable est bien résumée par ces phrases issues de sa fiche d’état de service :

 

« Fonctionnaire d’une culture très étendue, Mme Dupuydauby a assuré avec une autorité et un dévouement exemplaire un service très lourd. Jamais rebutée malgré la complexité de la tâche, avait su obtenir le meilleur rendement de son personnel qui, confiant ans son sens des affaires, lui était tout dévoué. »

 

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