DECRYPTAGE : les produits éclaircissants pour la peau

Au sein de la préfecture de Police, la Direction départementale de la protection des populations (DDPP 75) assure le contrôle des produits cosmétiques à Paris parmi lesquels les produits éclaircissants pour la peau. Nombre d’entre eux contiennent des substances interdites engendrant des effets irréversibles sur la santé des utilisateurs.

Crèmes, laits, gels, savons, etc., si les produits cosmétiques destinés à éclaircir la peau sont composés de substances autorisées (telles que d’extraits de carotte ou d’acide cogique), la grande majorité contient des produits interdits en France et en Europe : de l’hydroquinone et/ou des glycocorticoïdes.

Leur relative efficacité suscite l’intérêt des clients et ce, malgré le danger que leur utilisation peut engendrer.

 

Des effets irréversibles

Dans de nombreux cas, ces substances interdites peuvent en effet être à l’origine de maladies graves de la peau, de complications rénales ou neurologiques et provoquer des effets irréversibles : la peau est fragilisée, la couche de la peau diminue d’épaisseur, des tâches apparaissent sur la peau de même qu’un excès de poussée pileuse, et la tension artérielle s’accroit, le produit pénétrant rapidement dans l’organisme.

 

La DDPP veille sur vous

L’une des missions du secteur contrôle des produits cosmétiques à Paris de la DDPP  est de s’assurer de la bonne conformité des cosmétiques à visée éclaircissante mis sur le marché.
Chaque année, l’équipe de 4 agents réalise une centaine de prélèvements de ces produits, de leur fabrication à leur mise en vente : auprès des fabricants, des importateurs, des entités revendiquant la conformité, et des détaillants (centres de soin, salons de coiffure, enseignes commerciales, etc).

En cas de marchandise non conforme, celle-ci est saisie, des investigations sont engagées et l’affaire peut être portée au Parquet.

Lorsque l’intentionnalité est mise en évidence c’est-à-dire la ‘tromperie avec risque inhérent à l’utilisation de la marchandise’, cela peut conduire à une peine maximale de 2 ans d’emprisonnement et 300 000€ d’amende.

Cette année, plus de 500 unités de vente ont été saisies par la DDPP
sur 6 commerces les proposant.

 

Conseils pour repérer les produits dangereux

Nathalie Riverola, chef de ce service à la DDPP, vous indique comment vous en prémunir.

Pour reconnaître la présence de substances interdites, veillez à lire attentivement la composition du produit sur son étiquette.

  • Les termes « hydroquinone » ou « glycocorticoïdes » sont ainsi  à éviter.
  • La mention « Vente en CEMAC » (CEMAC étant la Communauté Économique et Monétaire d’Afrique Centrale) sur un produit induit une probabilité forte de présence de ces substances dangereuses pour la peau, mais autorisées en Afrique Centrale.

Les pouvoirs publics de ces états africains semblent avoir récemment pris conscience de cette dangerosité : depuis 2015, ils ont limité la dose de ces substances à 2% de la composition totale du cosmétique.

Les opérations des agents de la DDPP portent leurs fruits : si beaucoup de ces produits circulent encore, leur nombre semble baisser, certains vendeurs prenant conscience des effets nocifs de ces substances interdites.


En tant que clients, restez également vigilants !

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