Interview : Roxanne, policière équestre

portrait_roxane_policiere_equestreC’est une jeune recrue que nous rencontrons à la brigade équestre du 93. Arrivée au 1er septembre 2016 pour rejoindre l’équipe de 28 policiers équestres et de 16 chevaux, Roxanne n’en est pas moins très expérimentée tant dans ses fonctions de gardien de la paix qu’en tant que cavalière, depuis l’âge de 7 ans.

Comment avez-vous intégré la brigade équestre ?

J’ai passé des tests de sélection profilés avec différentes épreuves : obstacle, dressage, maîtrise du cheval, entretien avec un jury.
La brigade recherchait des cavaliers étant bien évidemment policier avant tout.

Même si le niveau est  très variable (de 3 ans de pratique intensive, à une vingtaine en club pour certains), il faut, pour l’intégrer, avoir un bon niveau en équitation, plusieurs années d’expérience, une bonne maîtrise du cheval et ne pas être un cavalier craintif. Nous sommes formés ici continuellement, tous les jours.

« Les chevaux ont ici un dressage spécifique »

Quelles sont vos missions ?

L’appui opérationnel est notre mission principale. Nous intervenons, quand nos collègues, déjà sur place, sont en difficulté : lors de violences urbaines, lors de  manifestations où il y a beaucoup de bruit ou de fumigènes, etc. Il faut que nos chevaux ne bougent pas.

Nous faisons vraiment tout à cheval et n’en descendons jamais, qu’il s’agisse de contrôles routiers, d’identité ou d’interventions lors de ventes sauvette.
Mais nous sécurisons également des manifestations, telles que l’Euro 2016, la COP 21, le salon de l’automobile, de l’agriculture ou…du cheval !

Comment s’organise votre journée de policier équestre ?

En matinée : prise de consignes classiques comme dans les commissariats avec ajout des informations propres aux chevaux (blessure, comportement particulier, etc.).
Nous nous répartissons les chevaux, nous les préparons (chaque cheval est sellé avec son propre matériel et selon le travail effectué : selle classique de travail ou selle de patrouille), et nous montons à cheval. Nous travaillons ensuite en carrières ou sur le cross durant 1h30.
L’après-midi, nous partons en patrouille. Eté comme hiver, nous patrouillons systématiquement, les samedi, dimanche et mercredi. Toute l’année, nous sommes amenés à monter 2 à 3 chevaux par jour.

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En quoi consiste ce « travail » avec les chevaux ?

C’est un travail spécifique. Nos chevaux sont sortis tous les jours et entrainés systématiquement. Il faut les muscler, qu’ils aient un mental d’acier et n’aient peur de rien.
Nous faisons des séances sur le plat, du dressage, en extérieur mais aussi des GTPI (gestes et techniques professionnels d’intervention) tels que de l’interpellation, du menottage à cheval, du transport à cheval, etc.
Il y a donc des placements stratégiques à avoir pour pouvoir travailler en sécurité et pour que nos chevaux le soient aussi. Ce qui leur est demandé sur le terrain est un travail très physique pour eux. Tous les chevaux de clubs ne sont pas capables de faire cela.

Comment sont sélectionnés les chevaux de la brigade ?

Chaque brigade (93, 92 et 77, 78 et 91) a son type de cheval spécifique. Dans notre brigade, il s’agit exclusivement du Selle Français. Les collègues du 92 ont des Cobs qui sont plus gros, plus en force.
La brigade du 93 est l’une des plus grosses unités. C’est en partie pour cela que je voulais venir ici, parce que nous avons beaucoup de chevaux, nous bénéficions de la structure de l’UCPA qui est extraordinaire avec 6 manèges, de très nombreuses carrières, des terrains de cross. Pour travailler les chevaux, c’est l’idéal !

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Avez-vous toujours voulu intégrer la brigade équestre ?

06Je suis gardien de la paix depuis 3 ans (d’abord en groupe d’appui puis dans la police technique et scientifique) et j’étais auparavant adjoint de sécurité (ADS) à Bordeaux.
Rentrer dans la brigade équestre était un de mes objectifs. C’était un projet me permettant d’allier mon métier et ma passion.

« Vivre cette passion de manière professionnelle est une chance »

Qu’est-ce qui vous a le plus étonné à votre arrivée ?

J’ai été surprise par ce que l’on réalisait avec les chevaux : c’est impressionnant.
Beaux, grands, performants, ils passent partout, montent au-dessus des poubelles, montent des escaliers, ne craignent pas des drapeaux, etc., des choses qui peuvent a priori paraître banales mais qui ne le sont pas quand on est cavalier et que l’on connaît cet animal assez sauvage.

Le regard que les gens portent sur vous n’est pas le même qu’en patrouille en voiture.
Je n’ai jamais eu autant de sourires, autant de « bonjours », autant de photos, que depuis que je suis dans la brigade équestre. Les gens portent sur nous un regard bienveillant.

 

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             « Être policier sur un cheval change complètement le regard des gens »

Avez-vous un cheval préféré ou qui vous est dédié ?

Personnellement, j’affectionne plus précisément ULIS mais il faut savoir que nous n’avons pas de cheval attitré. Cela permet de travailler nos défauts (de position, d’attitude ou autres) : si un cheval n’est pas gêné par cela, un autre va pouvoir le ressentir et nous corriger. Le fait de changer de cheval nous permet ainsi d’en prendre conscience.

Serez-vous présente au salon du cheval ?

Bien sûr ! Nous participons au salon du cheval pour montrer au public ce que nos chevaux savent faire.
Ce qui est compliqué est d’expliquer aux spectateurs que ce qu’ils voient peut aussi être réalisé sur le terrain. Il faut que nos chevaux soient vraiment aux ordres et qu’on les maîtrise de A à Z.
Accompagnée de sa collègue Justine, monitrice : Nous avions fait le salon en tant que spectatrices et nous avions vu la brigade en représentation. Cette année, nous allons y participer pour la première fois et nous sommes ravies !

 

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Retrouvez Roxanne, Ulis et toute l’équipe de la brigade équestre au salon du cheval !