PORTRAIT : Thomas, agent en situation de handicap

DSC_3300_TFportraitA l’occasion de la semaine nationale des personnes handicapées physiques, découvrez le portrait d’un agent de la préfecture de police, Thomas, 31 ans, jardinier au service des affaires immobilières (SAI).

« J’aimerais que les gens se souviennent de moi pour mon travail et non pour mon handicap»

 

Au sein du Service des Affaires Immobilières (SAI) de la préfecture de police, Thomas est en charge « des espaces verts ». Depuis plusieurs mois, il se consacre à l’aménagement, l’entretien et la mise en sécurité des terrasses et espaces verts dans le cadre de l’amélioration de l’environnement professionnel. Un poste, oscillant entre inspection des terrasses, travail de la terre, arrosage mais aussi choix des plantations selon l’environnement extérieur ou intérieur.

Sa passion pour l’horticulture l’a conduit à un BEPA de production florale réussi malgré une main droite faible et une déficience visuelle. « A 10 ans, mes handicaps m’ont empêché de faire mes lacets, j’ai opté pour des santiags ! A 18 ans, mes handicaps m’ont empêché de passer mon permis de conduire, aujourd’hui, j’y pense au conditionnel », reconnait-il. Sa forte volonté le mène à la préfecture de police au bureau traitant des mesures d’éloignement puis, en détachement, à la préfecture d’Orléans dont il est originaire, pour gérer l’accueil des étrangers demandeurs d’asile, ainsi qu’au service téléphonique des cartes grises et au service du courrier de la préfecture. L’horticulture refait surface professionnellement en 2013, à la direction opérationnelle des services techniques et logistiques (DOSTL) de la préfecture de police puis au Service des Affaires Immobilières (SAI) où il officie depuis septembre dernier.

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Les projets d’aménagements et d’entretien se décident en équipe. « Ce que je souhaite c’est que les gens se souviennent de moi pour mon travail et non pour mon handicap », avoue-t-il en mettant un point d’honneur à tenter d’« être le meilleur » dans son travail.

Son handicap survenu dans la petite enfance suite à un accident ménager, il le vit au quotidien de façon autonome, ayant notamment aménagé seul son appartement, mais aussi de façon très active. Equitation depuis l’âge de 6 ans («  une des premières victoires face au handicap »), natation (« on m’avait dit un jour que je ne pourrais jamais nager et aujourd’hui j’ai mon brevet de 1000 mètres » ), escalade, rafting, tir à la sarbacane (« pour travailler la concentration » ), Thomas a multiplié les sports, les défis, bref « le type d’activités qui (lui) ont permis de surpasser le handicap ».

DSC_3395_72Toujours doté d’un trait d’humour, il aime désormais encadrer un groupe de jeunes durant son temps libre (il prépare d’ailleurs le diplôme du BAFA), un loisir où, dit-il, son handicap n’est une gêne pour personne. Même s’il ne souhaite pas mettre son handicap en avant, il aime ouvrir le dialogue et tenter de faire évoluer le regard sur les personnes en situation de handicap. Lors de ses études, il a même participé activement, en tant qu’acteur et scénariste, à un court-métrage sur le handicap à l’école, qui remporta le prix du public lors d’un festival. Et aujourd’hui encore, son envie reste intacte : « Il faut changer l’image des personnes handicapées au sein de la société en général ».